Mandat et axes du GRIAAC

Les membres du GRIAAC/CIÉRA-MTL ont adopté une formule de reconnaissance territoriale qui se lit comme suit :

« Nous voudrions commencer en soulignant que les terres sur lesquelles nous nous trouvons font partie d’un territoire ancestral qui a longtemps servi de lieu de vie, de rencontres et d’échanges entre les peuples autochtones, notamment la nation Kanien’kehá:ka (Mohawk). Nous honorons, respectons et reconnaissons ces nations qui n’ont jamais cédé leurs droits ni leur autorité souveraine sur les terres et les eaux sur lesquelles nous nous réunissons aujourd’hui ».

Le GRIAAC vise à renforcer, développer et diffuser les recherches autochtones à l’UQAM tout en favorisant la participation des étudiant.es autochtones aux projets développés et menés par des professeur.es de l’UQAM et plus largement de Montréal. Les membres du groupe travaillent à la fois sur les affirmations culturelles autochtones contemporaines (musique, art, littérature, revendications politiques, savoirs,…), mais également sur les différents espaces dans lesquels se construisent, se négocient et se transmettent l’expression de ces affirmations (mondes virtuels, processus de création, musées, expositions, universités, villes, communautés).

Axes de recherche

Les travaux du GRIAAC s’articulent autour des trois grandes thématiques suivantes portant sur les affirmations autochtones contemporaines :

Axe 1 — Langue, arts et transmission des savoirs (J-P. Uzel, Resp., Faculté des arts) : l’art contemporain, la littérature, les langues, les savoirs environnementaux ou la spiritualité apparaissent aujourd’hui au cœur des processus d’affirmations identitaires et culturelles autochtones. Il s’agit dans cet axe de documenter les relations des peuples autochtones à ces savoirs spécifiques, de favoriser la reconnaissance et l’intégration de ces savoirs dans les institutions (gouvernement, universités, organismes culturels…) ainsi que de réfléchir aux stratégies de préservation et de mise en valeur de ces patrimoines vivants au sein des communautés et en milieu urbain.  L’objectif général consiste à documenter le dynamisme actuel des langues, des cultures et des traditions autochtones ainsi que d’analyser et d’appuyer les stratégies locales de transmission dans différents espaces (école, université, milieux de la santé, forêt, nouveaux médias,…).

Axe 2 — Politique, droits et relations au territoire (D. Farget, Resp., Faculté de Science Politique et de droits) : la sédentarisation et la dépossession territoriale ont eu des conséquences importantes sur les ordres politiques et juridiques autochtones. Au Canada, la reconnaissance de droits ancestraux a modifié les relations entre l’État et les peuples autochtones en obligeant le dialogue constant entre les différents acteurs et utilisateurs du territoire. Les chercheur.es de cet axe offrent un regard critique sur la dépossession territoriale, documentent les formes de résistance autochtone face aux structures coloniales et analysent les transformations politiques, les enjeux de droits humains, de gouvernance ainsi que de relations au territoire. Il s’agit également d’analyser les processus internationaux d’affirmations autochtones qui passent par une meilleure prise en compte des savoirs locaux et des traditions juridiques autochtones à travers le monde.

Axe 3 Expertises autochtones et méthodologies participatives (R. Compton, Resp. Faculté des Sciences humaines) : Sur le plan méthodologique, il s’agit d’inscrire les travaux du centre dans une approche critique, réflexive et participative. Cet axe transversal permet de réfléchir à la mise en place d’une démarche de recherche partenariale qui soit respectueuse des intérêts des peuples autochtones. Cet axe s’appuie en ce sens sur les processus actuels de décolonisation des savoirs et de la recherche. Il s’agit de réfléchir aux modalités d’inclusion des étudiant.es/chercheurs/experts autochtones aux activités du centre et d’inscrire ses travaux dans les grands principes de la recherche avec les peuples autochtones. L’objectif général est en outre de favoriser l’affirmation des peuples autochtones en matière de recherche en développant des activités visant une meilleure intégration des expertises autochtones dans les activités de recherche, de transfert et de mobilisation des connaissances du centre.