15 janvier 2026 | Vernissage de l’exposition Oya’wih

| ARTISTES Eruoma Awashish Cedar-Eve Dayna Danger Patricia Langevin André Levesque Sioui Virginia Pesemapeo Bordeleau Cheyenne Rain Legrande COMMISSAIRE Michèle St-Amand EXPOSITION du 15 janvier au 28 février 2026 |
Nous vous invitons au vernissage et à la cérémonie d’ouverture de l’exposition Oya’wih afin de rencontrer la commissaire de l’exposition et plusieurs des artistes. Le vernissage débutera avec une cérémonie d’ouverture présidée par Virginia Pesemapeo Bordeleau, suivie d’une performance chantée d’Andrée Levesque Sioui et de quelques surprises à venir découvrir !
Et si on imaginait une sexualité des femmes autochtones qui s’exprime sans tabous ni biais coloniaux ? L’invitation à cette réflexion a été lancée aux artistes Eruoma Awashish (Atikamekw), Cedar-Eve (Anichinabée), Dayna Danger (Métis-Saulteaux-Polonais·e), Patricia Langevin (Ilnue), Andrée Levesque Sioui (Wendat), Virginia Pesemapeo Bordeleau (Eeyou) et Cheyenne Rain LeGrande (Crie). Avec leurs œuvres créées pour l’occasion ou jamais dévoilées, les sept artistes embrassent des thèmes comme le désir, la relation, la fertilité, la culturekink, les cycles, les cérémonies, l’identité, le territoire et la tradition orale.
La colonisation a eu des impacts considérables sur la sexualité des Peuples Autochtones. Continuer de dénoncer les violences coloniales, parler des traumatismes, est essentiel. Oya’wih, « cela goûte bon » en langue wendat, est une exposition collective et collaborative qui présente une réalité parallèle dans laquelle il n’y a pas eu de colonisation sur l’Île de la Tortue, soit en « Amérique du Nord ». L’idée derrière l’exposition est apparue comme une réponse aux constats sur les ravages de la colonisation sur le corps et la sexualité des femmes autochtones.
L’uchronie, c’est-à-dire s’amuser avec la temporalité en changeant un élément de l’histoire pour créer une autre réalité, est proposée pour permettre à l’imaginaire de circuler librement, sans les carcans coloniaux, patriarcaux et hétéronormatifs, et s’inscrit dans une voie de guérison, d’affirmation et de décolonisation de la sexualité.
Dans ce processus, le « dé » implique de se libérer des impositions coloniales. Or, cette exposition est « pour » la sexualité des femmes autochtones et l’accent est mis sur le « re » : (ré)appropriation, (re)érotisation, (re)connexion. Cet exercice vise à identifier des pistes pour aller vers une sexualité désirée, plutôt que de lutter contre une sexualité imposée.
Trop rarement la sexualité autochtone est représentée dans toute sa beauté et sa fluidité, pour toustes. L’art est un vecteur puissant pour le faire. Ainsi, l’exposition permet à l’érotisme et à la sexualité autochtones de danser avec un éventail de matérialités et de matières comme la transparence lumineuse, les éléments organiques, les couleurs vives, le perlage et la broderie.
Oya’wih regroupe donc des œuvres multidisciplinaires d’artistes de différentes Nations et générations et s’identifiant comme femme, femme queer ou bispirituel·le. Leur généreuse participation permet de contempler l’incarnation des représentations de la sexualité des femmes autochtones selon différentes perspectives. Une liberté de création et de médiums a été accordée afin de leur permettre d’explorer le sujet de la sexualité dans ses multiples dimensions, avec la confiance que la magie opérerait.
Ici, les artistes reprennent possession du récit dans un espace d’expression, de sororité, de respect et de plaisir. Cette exposition est une célébration créative de la sexualité holistique des femmes autochtones, une sexualité ancrée dans les traditions et valeurs autochtones… Oya’wih.Michèle St-Amand